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> Compte-rendu du séjour / découverte du Svalbard

 

> Juillet 2007 / Svalbard (Norvège)

 

Dans le cadre de l’année Polaire Internationale, le centre d'animation Garef Océanographique, centre d'animation de la Mairie de Paris, a organisé du 16 au 30 juillet 2007 un séjour dans un lieu emblématique de la recherche en zone polaire : le Svalbard. Le groupe était composé de 8 étudiants français âgés de 18 à 22 ans et de deux encadrants biologistes.

 

Ce projet, monté avec l’aide du Palais de la découverte, a reçu un très bon accueil de l’Ambassade Royale de Norvège qui a fourni une aide précieuse à l’organisation du séjour. 

 

Outre les participations financières des adolescents le financement de ce séjour a été assuré grâce à l'aide de la Mairie de Paris, du Palais de la découverte, de l'ambassade Royale de Norvège, de la compagnie aérienne Scandinavian Airlines (SAS) ainsi que du secrétariat Norvégien pour l’année Polaire Internationale.

 

 

> Objectifs du séjour

 

Les objectifs de ce séjour scientifique furent les suivants :

  • rencontre de scientifiques et participation à leurs travaux si possible.

  • découverte de l’archipel par des randonnées et des sorties en mer

  • visite de laboratoires et d’infrastructures dédiés à la recherche en milieu arctique

  • récolte de données scientifiques sur le Svalbard

  • prises de vues photo et vidéo

 

> Le journal de bord des participants

 

Lundi 16 juillet 2007

Arrivée à Longyearbyen Après un départ le 15 juillet et plusieurs escales, nous arrivons enfin au Svalbard et sommes hébergés en chambres individuelles à la cité universitaire de Longyearbyen (Nybyen).

 

Nous déjeunons à la cantine de l’Université le midi sauf excursion à la journée où nous emportons un pique-nique. Nous préparons nos repas du soir ponctuellement à la cité universitaire ou nous allons dîner en ville.

 

Mardi 17 juillet 2007

Eva JENSSEN, directrice de l’information, nous présente l’Université UNIS. Crée en 1993, elle accueille 350 étudiants du monde entier. La Géologie, la Biologie, la Géophysique et la Technologie y sont enseignées en anglais. Inger Lise NAESS nous présente le Norsk Polar Institut. Cet institut basé à la fois à Tromso et au Svalbard, réunit des chercheurs de disciplines très diverses et offre, entre autres, une expertise des milieux polaires pour une aide à la décision.

 

Dans le contexte particulier de l’arctique, l’UNIS assure une formation « tir au fusil ». Chacun tire plus de 40 cartouches de gros calibre sur une cible à 30 mètres en position couché, assis et debout. Cette formation est nécessaire pour être capable de se défendre face à un ours agressif. Il est obligatoire d’être armé hors de la ville. Nous aurons désormais 2 fusils et 2 pistolets à fusées pour notre sécurité lors de nos sorties à pied autour de Longyearbyen et de Ny-Alesund. 

 

Notre groupe également suit une formation « combinaison de survie ». Nous apprenons à l’enfiler, à la fermer correctement pour assurer son étanchéité, à nager avec, à s’accrocher les uns aux autres et à remonter sur un bateau en cas de chute accidentelle. Le port d’une combinaison est obligatoire pour les sorties en mer à bord d’embarcations légères, la température de l’eau étant très basse. 

 

La journée se termine pas une visite du Musée du Svalbard. Ce musée présente des animaux arctiques naturalisés dans une scénographie originale. Des dioramas rappellent l’exploitation passée des mammifères marins et du charbon.

 

Mercredi 18 juillet 2007

Un gros zodiac nous transporte en 45 minutes à Dicksonland, pour y retrouver une équipe de géologues qui a mis à jour des fossiles d’Ichtyosaures, reptiles marins du Trias ressemblant à nos dauphins actuels. Un spécimen long de 8 mètres (ils pouvaient atteindre 25 mètres) est déjà en caisse, prêt à partir en hélicoptère pour Tromso ; un autre spécimen récemment découvert est dégagé des schistes qui l’emprisonnent depuis plus de 120 millions d’années. Dierk BROMEIER, chercheur allemand du NPI, nous montre la double cage thoracique de l’animal qui lui permettait de résister à la pression pour chasser ses proies en profondeur. Nous recherchons dans les schistes les proies fossiles, des ammonites.

 

Nous pêchons du plancton près du bord avec notre filet et des combinaisons empruntées à l’Université. Notre récolte est observée sur place. Nous sommes émerveillés par la grande taille que les copépodes et les chaetognathes peuvent atteindre ici, en arctique. Nous capturons pour la première fois un mollusque ptéropode, une des proies des baleines à fanons.

 

Jeudi 19 juillet et vendredi 20 juillet 2007

Nous explorons les environs de Longyearbyen à pied. Les rivières glaciaires sont franchies rapidement pieds nus en sandales. Les excursions durent souvent la journée avec 6 à 8 heures de marche, parfois avec 500 mètres de dénivelé. Nous sommes armés et pourvus d’un téléphone satellite.

 

Le professeur Ole HUMLUM, chercheur Norvégien, nous fait une conférence sur le permafrost. Ce sol, gelé en profondeur, dégèle en surface l’été. Il couvre 20 % des terres émergées. Les canalisations, les habitations doivent être « hors-sol » pour que le sol, balayé par l’air froid, reste gelé et solide. Le bâtiment de l’Université est ainsi construit sur pilotis. Une cartographie des zones à permafrost permet de suivre leur développement ou leur régression, variables avec le réchauffement.

 

Samedi 21 juillet 2007

Claudia HALSBAND-LENK, chercheuse norvégienne à l’UNIS, nous présente son sujet d’étude : le plancton arctique, et plus précisément les copépodes. Ces petits crustacés riches en lipides jouent un rôle considérable dans les transferts d’énergie le long des chaînes alimentaires arctiques. Avec le réchauffement du climat, ils sont en compétition avec des copépodes plus petits venus d’Atlantique.

 

Sébastien BARRAULT, chercheur Suisse spécialiste de la banquise, nous fait visiter son laboratoire. Il nous présente les propriétés physiques de la glace de mer, depuis l’échelle des cristaux jusqu’à celle des crêtes de compression, obstacles à la navigation même des brise-glaces. Il nous fait aussi « goûter » la glace salée d’une carotte de banquise. Il nous rappelle que la banquise d’été sera de plus en plus réduite à l’avenir, au point d’être absente peut-être dès 2040 !

 

Dimanche 22 juillet 2007

Excursion sur le glacier Longyearbreen avec un guide de l’Université, Ullrich NEUMANN. Après une ascension de la montagne jusqu’à 500 mètres d’altitude, nous redescendons par le glacier, encordés et munis de crampons. Au pied du glacier, Jorg LENK, géologue allemand du Norsk Polar Institut, nous fait rechercher des feuilles fossiles dans les moraines. Ces fossiles vieux de 70 millions d’années témoignent d’une époque où le Svalbard était couvert de forêts de feuillus, dans un climat tempéré.

 

Lundi 23 juillet 2007

Après 25 minutes de vol, un petit avion nous dépose 120 km au Nord à Ny-Alesund. Nous sommes accueillis par Tove SANDBLOST, responsable logistique de la Kingsbay. Cette société d’Etat est propriétaire de Ny-Alesund, ancienne mine de charbon reconvertie en station de recherche internationale. Nous sommes logés en chambres de 2 ou 3 lits dans un baraquement identique à ceux des chercheurs. Nous prenons tous nos repas à la cantine de la Kingsbay avec les chercheurs de la station.

 

Mardi 24 juillet 2007

Rainer VOCKENROTH, chef logisticien allemand de l’AWIPEV, nous présente sa station et tous les instruments de mesure de l’atmosphère et du rayonnement solaire. Un laser puissant permet de déterminer la composition de la haute atmosphère. Il procède devant nous à un lâcher de ballon lesté de petits appareils et d’un GPS pour connaître la température, l’humidité, la vitesse et la direction du vent, la teneur en ozone tout le long de sa montée. Ces données sont transmises au sol en temps réel jusqu’à explosion du ballon en altitude.

 

Fanny NARCY et Margaux NOYON, chercheuses françaises à Villefranche-sur-Mer, nous présentent leurs travaux de suivi d’abondance du plancton. Elles remarquent que les eaux qui baignent le kingsfjord sont de plus en plus d’origine atlantique et de moins en moins d’origine polaire, au vu des espèces planctoniques rencontrées.

 

Mercredi 25 juillet 2007

Nous explorons les environs de Ny-Alesund à pied. Nous ne rencontrons aucun ours blanc, mais de nombreux rennes et des colonies d’oiseaux dans un décor grandiose de roches, de glace, de torrents. Pas un arbre mais des herbes, des mousses, des lichens et de petites fleurs. Nous sommes parfois harcelés par des oiseaux (sternes et labbes parasites) si notre marche passe trop près de leur territoire.

 

Jeudi 26 juillet 2007

Nous aidons le professeur Maarten LOONEN, chercheur hollandais, à capturer des oies bernaches nonnettes. A cette période de l’année les oies ont mué et ne peuvent pas s’envoler. Avec des rabatteurs à pieds et en kayaks, elles sont dirigées vers un enclos puis pesées et mesurées. Une prise de sang permet d’étudier leur système immunitaire, peu performant car peu exposé aux parasites.

 

Madeleine GRISELIN, glaciologue française, nous accueille à la station Corbel de l’IPEV. Elle étudie la dynamique d’un glacier proche grâce à de nombreux instruments de mesure, offrant une grande précision d’analyse des paramètres (température, couverture neigeuse, débit de fonte, etc.).

 

Vendredi 27 juillet 2007

Notre équipe fait une sortie en mer à bord du bateau de la Kingsbay. Nous approchons du front du glacier du Roi et des falaises proches où nichent des colonies d’oiseaux.

 

A notre initiative, une famille de renards polaires est observée en continu pendant 24h. Les 10 membres de notre groupe se relaient toutes les deux heures pour noter les heures d’activité, de jeux, de chasse, d’exploration de la femelle et de ses six renardeaux. Les résultats de cette étude sont transmis au docteur Maarten LOONEN qui étudie l’impact des prédateurs sur les oies.

 

Samedi 28 juillet 2007

Au cours d’une longue randonnée, nous recherchons des fleurs Dryas octopétales parasitées par des pucerons à la demande du chercheur français Maurice HULLE, qui n’a pas pu venir luimême au Svalbard cette année. Ce chercheur de l’INRA de Rennes étudie entre autre le cycle de reproduction du puceron arctique et l’invasion du milieu par de nouvelles espèces de pucerons grâce au réchauffement climatique.

 

Dimanche 29 juillet et lundi 30 juillet 2007

Notre séjour s’achève sur le regret de quitter ce pays extraordinaire. Nous mettons deux jours à rentrer sur Paris via Longyearbyen puis Olso.

 

 

> Bilan et perspectives

 

Ce séjour, très original pour notre structure, a été une totale réussite tant du point de vue du contenu que des rencontres. Nous rapportons 7 heures de vidéo et des milliers de photographies, sans compter les émotions inoubliables nées de nos rencontres avec une région, ses paysages, sa faune. Les nombreux chercheurs – plus d’une douzaine - rencontrés sont les acteurs d’une recherche très active et très variées, même à 78° Nord grâce à une excellente infrastructure.

 

Le centre d'animation Garef Océanographique en collaboration avec le Palais de la découverte et en partenariat avec l’Ambassade Royale de Norvège, réalisera une exposition sur le thème du fonctionnement des écosystèmes arctiques et de ses évolutions liées aux changements climatiques. L'exemple du Svalbard - écosystèmes, biodiversité, climat - sera développé ainsi que les aspects de la recherche scientifique arctique dans l'archipel. L’exposition sera présentée de juin 2008 à janvier 2009 sur une surface de 250m² au Palais de la découverte à Paris. La majorité des chercheurs rencontrés participera à cette exposition pour présenter leurs travaux au grand public. 

 

 

> Remerciements

 

Nous remercions bien sûr l’ensemble des partenaires de ce projet et plus largement tous ceux qui ont contribué à la réussite de notre séjour. Nous tenons a remercier plus particulièrement Son Excellence Monsieur Bjorn SKOGMO, Ambassadeur de Norvège en France pour sa confiance et Madame Brynhild SIREVAG, attachée culturelle de l’Ambassade Royale de Norvège à Paris, pour son rôle déterminant dans l’organisation du séjour et la recherche de partenariat.

 

Nous tenons également à remercier pour leur aide financière : la Mairie de Paris, le Palais de la découverte, l'ambassade Royale de Norvège, la compagnie aérienne Scandinavian Airlines (SAS) ainsi que le secrétariat Norvégien pour l’année Polaire Internationale.

 

 

Consulter l'article de reussirmavie.net sur le séjour et l'exposition

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

    

 

  

 

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