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> Juillet 2004 / Guadeloupe
Dans le cadre des séjours d'été, une quinzaine d'adhérents
du centre d'animation Garef Océanographique, centre d'animation de la Mairie de Paris ont débarqué pendant 2 semaines sur les plages de
Basses Terre et de Marie Galante en Guadeloupe.
Voici leur carnet de voyage !
Lundi 12 juillet : le grand départ
Rendez-vous pour tous à 11 heures au centre. Le
nécessaire de prises de vues photo et vidéo est prêt, le matériel
scientifique est là lui aussi.
Décollage vers 16h et arrivée à Pointe à Pitre,
après 8 heures de vol, à 18 h heure locale. Une belle route pleine de
virage nous conduit de nuit à nos bungalows, à Bouillante (Basse Terre)
: la classe !...Il y a même une piscine ! Il s’agit d’en
profiter, ces conditions d’hébergement ne dureront sûrement pas !
Après cette rapide installation, nous savourons dans la piscine l’apéro
local, le ti’punch (du rhum, évidemment !) et quelques pizzas.
Mardi 13 juillet : découverte de Basse Terre
Réveil en fanfare par Yann à 7h45. Nous constatons
que notre hôtel est entouré par la forêt tropicale, avec vue sur la mer
et les îlets pigeon !
Départ vers 9h pour la cascade aux écrevisses, puis visite du lieu où
Christophe Colomb a débarqué en Guadeloupe : juste une statue que
seul Christophe trouve jolie…Ensuite, pique-nique au bord des
magnifiques chutes du Carbet après un marche d’environ ½ heure.
Après ça, direction le phare, juste à la pointe sud de
l’île, avec à gauche l’atlantique et à droite la mer des caraïbes.
On y voit notre 1er iguane. Sur la route, on peut observer la végétation
luxuriante de Basse Terre entre les maisons. Il paraît que Terre de Haut
est beaucoup plus sèche. De retour à Bouillante, c’est l’heure de
notre première plongée PMT (Palme, Masque et Tuba) dans la mer des
caraïbes, près du port, au rocher du Malandure : on croise nos
trois premières tortues imbriquées, des murènes, poissons trompètes,
chirurgiens, corail cerveau…ça commence fort ! Enfin, visite du
petit musée des cétacés.
Mercredi 14 juillet : découverte côté
sous-marin
Départ vers 9h30 pour la première plongée en bouteille
aux îlets pigeons sur le site du jardin de corail de la réserve
Cousteau. C’est donc parti pour 50 minutes d’une plongée superbe,
avec des coraux, des éponges gigantesques et des poissons de toutes les
couleurs, dans une mer transparente à 29°C. En plongée, Emile réalise
une expérience avec de la fluorescéine, afin de mettre en évidence les
courants d’eau filtrée par les éponges. Une fois secs, nous rangeons
les affaires car nous partons déjà pour Marie Galante.
Le moindre déplacement est une expédition pour un
groupe de notre taille avec autant de matériel. La traversée en bateau,
genre gros catamaran, est plutôt chahutée ; il faut même arrêter
notre partie de Uno pour aller sur le pont afin d’éviter tout incident
digestif. On arrive enfin vers 19h à Grand Bourg , la ville principale de
Marie Galante. Comme prévu, le standing de l’hébergement est loin de
celui de Bouillante. On se fera attaquer par les moustiques tous les jours
avec un véritable bombardement à partir de 18h.
Jeudi 15 juillet : patrouille tortue
Visite du «pôle industriel» de Marie Galante, qui n’est
autre que la sucrerie, là où les cannes à sucre sont pressées. Après
broyage, la canne à sucre est appelée bagasse et sent plutôt mauvais.
Malheureusement, les déchets sont directement rejetés dans la mer près
d’une plage de ponte où on a vu nos premières traces de tortues...
Nous rencontrons Franck Mazeas de la DIREN Guadeloupe, la
Direction Régionale de l’Environnement. Il nous explique le
déroulement du suivi de terrain des tortues sur Marie Galante.
En soirée, c’est enfin la première patrouille : direction la
plage des trois îlets. La première tortue aperçue à la lueur d’une
lampe finit de recouvrir son nid et repart, la deuxième ne trouve pas de
site et retourne à la mer ; enfin, une troisième finit de creuser
son nid et on peut assister à la ponte. Elle est baguée et mesurée par
les membres du réseau local. C’est une tortue imbriquée et mesure 70
cm. Après avoir soigneusement rebouché son trou et camouflé son
emplacement, elle repart rapidement vers la mer (à une vitesse
vite !). On apprends à reconnaître les traces alternées, typique
de cette espèce. Elles avancent sur le sable « en crawl ».
Vendredi 16 juillet : la tortue verte !
Quartier libre le matin après la longue soirée d’hier.
On part faire un petit tour au marché de Grand Bourg. Après une ballade
sous marine en PMT et la préparation du matériel de plongée, nous
visitons les ruines du château Murat, détruit par le cyclone Marilyn en
1995.
Le soir, Marion souffle ses bougies et nous repartons en
patrouille de nuit sur la plage des galets. On a de la chance : une
tortue verte vient juste de monter et elle est magnifique ! Elle
est mesurée (115 centimètres) et baguée pendant que nous assistons au
moment magique de la ponte où près d’une centaine d’œufs seront
pondus. En moyenne, une tortue verte mesure plus d’un mètre et peut
peser 250 kg. On la voit, elle aussi, brouiller les pistes avant de
repartir. Ses traces sont différentes de celle de l’Imbriquée :
les marques des pattes sont parallèles (elle fait de la
« brasse ») et on distingue la trace de la queue. Dodo bien
mérité à 2 heure du matin.
Samedi 17 juillet : la vie à bord
En matinée, c’est marché et boutiques souvenirs.
Ensuite, visite du Nord Est de l’île où les plages
sont très sableuses. On ne trouve aucune trace de tortue de ce coté de l’île.
De retour à Grand Bourg, le repas est organisé, comme chaque soir, par
un groupe de quatre personnes. Chaque groupe de cuisiniers tente de battre
les précédents par la qualité des mets préparés. En soirée, cours de
vidéo avec Yann, pour ceux qui utiliseront la caméra en plongée.
Dimanche 18 juillet : plongée à Marie Galante
Départ pour la plongée à 8h sur le bateau
« entre deux mondes » pour le site des 2 ancres. Une fois dans
l’eau, barracudas, tortue imbriquée, poissons soldats nous rendent
visite…On tombe aussi sur une belle murène tachetée prise au piège
dans une nasse.
L’après midi, c’est plongée PMT. On croise 2 murènes serpentines,
une dorée et une ocellée, des calamars très colorés (récifal des
caraïbes ) et sur les rochers, des chitons des Antilles.
Un dîner local est préparé par le père de Jonathan : fruits à
pain en sauce et lentilles, un délice !
En soirée, une patrouille n’a pas de chance : ils
ne trouvent que des traces de tortue imbriquée. L’autre groupe à plus
de réussite aux galets et de belles images de nuit de tortue verte seront
ramenés. Par contre, même régime pour tous, on se fait bouffer par les
yen-yen et les sticmous !
Lundi 19 juillet : une journée avec RFO
C’est journée prises de vues sous marine : Yann
filme, Marion tient la lampe (enfin elle essaie), Kristel en guest star
et Steph’G à la fluorescéine… avec les journalistes de RFO. L’équipe
de télé nous suit en effet quelques jours pour un sujet sur le suivi
tortue de Marie Galante. Du bateau, on aperçoit au retour des poissons
qui « marchent » sur l’eau : des orphies.
RFO nous accompagne pour la patrouille du soir mais il
vente fort et il pleut des cordes. Nous passons bien 20 minutes à sept
sous le parapluie géant de Yann.
Mardi 20 juillet : les patrouilles continuent
Journée de repos avant la sortie du soir. Les longues
marches des patrouilles de nuit et la fatigue accumulée ont raison de la
majorité du groupe.
C’est la plage de Folle-Anse qui sera prospectée cette
nuit. Les moustiques y sont nombreux. Une belle imbriquée finit de
recouvrir son trou lorsque nous arrivons et se lance vers la mer. Nous
sautons sur la caméra mais elle est trop rapide et les images que nous
visionnons le soir sont floues. Dommage !
Mercredi 21 juillet : découverte de l'île
Nous visitons la distillerie de Bielle. La
fabrication du rhum est une des spécialités de Marie Galante mais nous
goûtons aussi le délicieux jus de canne à sucre frais !
L’après midi est réservé à la découverte du Nord
de l’île et ses curiosités : les moulins qui valent à Marie Galante
le surnom d’île aux 100 moulins, Gueule Grand Gouffre et les falaises
de Caye Plate.
Jeudi 22 juillet : le trou à diables
On commence à rassembler les affaires car nous partons
demain pour Petite Terre. Une autre plongée nous permet d’observer un
diodon de près. En sortant de l’eau, nous nous rendons au trou à
diable, une grotte dans le centre de l’île abritant une colonie de
chauve souris. A l’abri le jour, elles sortent par milliers lorsque la
nuit tombe et nous assistons, incrédules, au spectacle. Certaines nous
passent à quelques centimètre du visage alors que nous ne voyons presque
rien sans éclairage !
Vendredi 23 juillet :cap sur Petite Terre
On part pour Petite Terre, une réserve naturelle vierge
de toute construction à part son phare. Nous quittons le port de St Louis
sur un catamaran : la traversée de 3 heures vers Petite terre est
paradisiaque mais le soleil tape et certains s’en souviendront !
L’arrivée sur la réserve montre le ton : il n’y
a évidemment pas de ponton et on doit débarquer toutes nos précieuses
affaires par un frêle canot, l’annexe du catamaran. Finalement, c’est
chose faite sans incident en 5 aller-retours. On emménage ensuite…sous
les cocotiers. Il faut monter les bâches pour se faire des tentes et
chacun cherche la meilleure technique d’accrochage alors que le vent n’aide
pas… Ca y est, c’est monté, on espère que ça va tenir ! Autour
de nous : mer chaude et transparente, plages désertes et noix de
coco, tout va bien !
Nous faisons une première visite des fonds sous marins
aux alentours et c’est au tour de Yann de souffler les bougies…nous
fêtons ça au milieu des iguanes, des Bernard-l’hermite et des rats
noirs qui constituent d’habitude le seul peuplement de l’île.
Samedi 24 juillet : les Robinsons du Garef
Nous partons observer les iguanes. La population
présente sur Petite Terre, de l’espèce Iguane Délicat, est unique
dans les Caraïbes et compte près de trois mille individus. Bien qu’ayant
souffert des cyclones, les fonds sous marins montrent eux aussi de bien
belles choses : raies pastenagues, tortues imbriquées, barracudas...
Nous goûtons rapidement aux averses tropicales (c’est
la saison), tout le monde se réfugie sous les tentes et gare à ceux qui
sont en sortie en mer !
Préparer sa nourriture, se laver dans la mer, se
construire une cabane de fortune : très vite, cet environnement
unique pousse tout le monde à adopter pour quelques jours une vie de
Robinson.
Dimanche 25 juillet : une nature imprévisible
Le camp a souffert de la pluie…une tente ne tient plus
qu’avec des tuteurs en branches de cocotier. Ce soir, une patrouille
part de 22h à 1h pour chercher des traces de tortues sur l’île.
On aperçoit une tortue près des buissons mais en attendant que
Christophe et Yann reviennent avec le phare et la camera, on s’est
allongé et on ne l’a pas entendu partir…c’est pas malin !
Lorsqu’ils reviennent la tortue est au bord de l’eau
mais le phare lâche. Catherine saute dans l’eau avec la lampe de
plongée de Yann qui tente de la filmer in extremis… raté ! Filmer les
animaux dans leur milieu n’est pas chose simple !
Lundi 26 juillet : cartographie sous-marine
Réveil par les piqûres de yen-yen pour tout le
monde ! Ces minuscules mouches sont la plaie de l’île. Un groupe
commence l’inventaire de la faune et de flore sous marines de la
réserve. Il s’agit de faire une cartographie de l’île en indiquant
le type de fond rencontré en plongée.
Les yen-yen poursuivant leurs attaques, le dîner est
organisé dans la baraque des gardes de l’Office National des Forêts,
responsable de la gestion de la réserve. A notre retour, le camp est
envahi de Bernard-l’ermite.
Mardi 27 juillet : nuit de la tortue
Ce matin, nous plongeons voir les requins. Ce sont des
jeunes Citrons (il paraît qu’on peut observer aussi quelques requins
nourrices mais trop loin pour nous…). Bien visibles depuis la surface,
ils sont beaucoup plus difficiles à distinguer sous l’eau. Édouard
fait tout de même de belles photos…A cause de petits problèmes de
ravitaillement en eau, nous testons des pastilles désinfectantes pour
récupérer l’eau de pluie et la rendre potable.
La cartographie continue : Christophe et Stéphanie
sont dans l’eau en PMT et font des signes précis à Laurent et Krystel,
à terre, qui reportent les observations sur la carte.
A l’occasion d’une grosse averse, tout le monde prend
une douche sous les cocotiers , façon Tahiti douche :
excellent ! Après le dîner, une conférence sur le corail et ses
menaces est présentée par Franck Mazeas de la DIREN, de passage pour un
jour.
Nous lançons ensuite le départ de la nuit de la
tortue : les patrouilles se succèderont toute la nuit de 22h à 5h
pour répertorier toute les ponte de la nuit. Nous pouvons confirmer que
Petite Terre est un site de ponte secondaire par rapport à Marie Galante.
Mercredi 28 juillet : c'est le retour à Paris
Nous quittons notre île ce matin…On commence donc à
faire les sacs mais il pleut encore. Le camp est levé, la plage
nettoyée, il ne reste aucune trace de notre passage, comme convenu avec
les gardes de la réserve. Un catamaran à voile arrive sous la pluie, et
le va-et-vient de son annexe reprend pour nous embarquer à son bord. Le
transfert est un peu chaotique, chacun essayant de tenir ses affaires au
sec.
La traversée vers St François dure une heure. Le temps
s’accélère lorsque nous posons le pied sur le
« continent » : un bus nous attend pour Pointe à Pitre
et nous décollons à 17h35 pour la métropole. Le lendemain matin, nous
arrivons au centre, un peu déboussolés par la reprise d’un mode de vie
si différent...
> Remerciements
Nous tenons à remercier tout particulièrement pour leur aide : le
Palais de la découverte, l'Office National des
Forêts, la Direction
Régionale de l'Environnement (DIREN) de la Guadeloupe et la Mairie de
Paris.
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