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> Actualité du centre, concours de bande dessinée : "une vie de tortue marine"

 

> du 1er mars au 26 juin 2005

 

A l’occasion d’une exposition du centre d'animation GAREF OCEANOGRAPHIQUE au Palais de la découverte, ce concours ouvert au jeune public consiste à créer une mini bande dessinée de 10 images illustrant l’histoire d’une tortue marine de Guadeloupe.

 

Il vous est possible de retranscrire en dessins l’histoire jointe, le parcours de cette tortue de sa sortie de l’œuf jusqu’à son retour à sa plage natale à l’âge de vingt ans, ou encore d’inventer la suite après son passage sur le plage de ponte.

 

La bande dessinée devra illustrer au mieux les aventures et les nombreux obstacles de notre tortue.

 

Vous pourrez retrouver la bande dessinée originale réalisée par le centre d'animation GAREF OCEANOGRAPHIQUE sur l’exposition « Grand Voyage, Petite Terre - une vie de tortue marine » qui se tiendra au Palais de la découverte du 5 avril au 26 juin 2005.

 

Des stages de découverte du monde marin, des entrées au Palais de la découverte et d’autres cadeaux sont à gagner. Les bandes dessinées rendues avant le 1er avril pourront être présentées sur l’exposition au Palais de la découverte.

 

Pour retirer la trame de la bande dessinée et les règles à suivre, contactez nous.

 

> Découvrez l'exposition "Grand voyage, Petite Terre : une vie de tortue marine"

 

> Texte de l'histoire

 

Sur une plage des Caraïbes, le passage d'un cyclone a provoqué un forte houle qui a détruit une partie des nids de tortue imbriquée. Situés plus haut sur la plage, près de la forêt, certains ont été épargnés, et bientôt, les œufs vont éclore …

 

Voilà deux mois que je suis dans mon œuf, il a fait bien chaud sous le sable des Caraïbes et je suis donc devenue une belle petite tortue femelle (s'il avait fait moins de vingt neuf degrés, j'aurais été un mâle, je l'ai échappée belle). Ca bouge autour de moi ! A travers les parois de ma coquille molle je ressens les mouvements des dizaines d'autres tortues du nid. C'est le signal ! Le moment de briser notre coquille et de se mettre toutes ensemble à creuser, vers le haut, en nous servant de nos pattes plates comme de pelles.

 

Après trois jours de travail nous arrivons à la surface : enfin une bouffée d'air frais ! Je voudrais me reposer un peu : il fait nuit, j'ai du sable collé à la carapace et aux pattes mais ce n'est pas le moment ! La plage est pleine de dangers : juste devant moi une tortue vient d'être emportée par un crabe qui disparaît avec elle dans son terrier ! Je rampe à toute vitesse guidée par les reflets de la lune sur la mer. Je suis enfin arrivée dans l'eau : une vague m'emporte mais ça n'est toujours pas fini ! Je nage de toutes mes forces pour éviter les jeunes requins qui pourraient nous croquer…

 

Le jour s'est levé. Je me sens bien dans le mer : c'est mon élément ! Quand je serai grande, j'y resterai le plus possible ! Cette nuit déjà j'ai parcouru plus d'un kilomètre en luttant contre les vagues qui veulent me ramener vers la plage. Je dois remonter respirer très souvent à la surface car mes poumons sont encore petits, et je ne descend pas à plus d'un mètre de profondeur. D'ailleurs, quelque chose fait soudain de l'ombre au-dessus de ma tête… C'est un oiseau ! Vite , je rabats mes pattes contre ma carapace et je me laisse flotter comme une feuille qui dérive… Le stratagème a fonctionné, l'oiseau s'est éloigné…

 

Cela fait trois jours que j'ai rejoint le grand courant océanique. C'est bien plus reposant que de lutter contre les courants côtiers ! Pour remonter respirer, je corrige un peu ma trajectoire en relevant les pattes avant. Mais le reste du temps, je n'ai qu'à me laisse porter, pattes écartées presque sans bouger ! Le courant faiblit… J'arrive dans la mer des Sargasses. Je peux enfin me reposer sur les algues flottantes et prendre mon premier repas : un vrai régal d'insectes noyés que le courant a concentrés en surface. Et puis je suis à l'abri des oiseaux. Au moindre danger, je m'enfouis dans ce matelas végétal. J'y croise des poissons extraordinaires, des larves anguilles, des crabes. Certains, comme moi, restent ici tant qu'ils ont besoin de grandir. D'autres passent leur vie entière dans cet radeau d'algues. La vie est bien douce …

 

J'ai trois ans maintenant : je suis une adolescente. J'ai grandi et je suis devenue une excellente nageuse. Il est grand temps de rejoindre les Caraïbes où je suis née et où je pourrais manger autre chose ! Un courant m'emporte ! J'ai à peine le temps de voir les poissons, les autres tortues, et les méduses que je croise. J'aperçois même un requin tigre que je surveille du coin de l'œil : j'ai vu une tortue qui nageait avec une patte arrière en moins … Mais ce courant va vers l'ouest ! Je dois en sortir : les Caraïbes sont au sud !

 

Sept années ont passées depuis mon retour dans les Caraïbes. J'ai dix ans et cela fait trois ans que je vis près d'un joli récif de corail autour de l' île de Marie-Galante: c'est mon territoire. J'arrache avec mon bec un quartier d'éponge, mon plat préféré…quelques crabes ou une petite méduse feront un succulent dessert !! Je dois abandonner un instant mon repas pour remonter à la surface, 15 mètres plus haut, pour respirer… Un bateau ! c'est donc lui qui a fait tant de bruit pendant que je déjeunais : sous l'eau, j'ai entendu le vacarme de son moteur depuis longtemps ! Il est temps de redescendre manger un peu, j avais repéré un autre petit massif alléchant… Le voilà… mais… je suis coincée, je ne peux plus bouger ! Je suis prise dans un filet ! J'avais oublié qu'ils pêchent la langouste ici ! Leurs filets font en général 50 mètres de longueur, et en plus ils ont des lests pour les maintenir au fond, je ne peux rien faire !! Je vais nager de toutes mes forces pour me dégager…. C'est trop dur.. Je n'y arrive pas.. Ça fait presque 2 heures que j'essaie… plus je m'agite dans tous les sens, plus les mailles me serrent… et je ne pourrais pas rester en apnée davantage… je dois essayer encore sinon je vais me noyer… ça bouge ! Le filet remonte ! Le pêcheur a sorti son filet, il me dégage enfin puis me relâche à la mer. Ouf.. . .Merci…... Sauvée…. Toutes ces émotions m'ont coupé l'appétit !

 

Je suis revenue dans la région où je suis née, à Petite Terre, guidée par mon instinct. D'autres tortues sont là : des mâles et des femelles. J'ai vingt-cinq ans, je suis adulte et c'est à mon tour maintenant de donner naissance à de nouvelles petites tortues. Pour me féconder, un mâle s'agrippe à ma carapace. Il est très lourd et j'ai du mal à remonter pour respirer, avec lui sur le dos !

 

Les œufs ont grandi à l'intérieur de mon ventre ; je retourne à la plage où je suis née pour pondre. Il fait nuit, tout est calme... je sors des vagues. Grâce à mes pattes puissantes, je peux me hisser rapidement sur la plage. Mais je m'y déplace avec peine en faisant de brusques mouvements : je suis beaucoup moins élégante sur terre que sous l'eau ! Je m'arrête car j'ai vu une lumière… je vais retourner dans l'eau et revenir plus tard, ou la nuit prochaine. La lumière a disparu, tout est calme… je décide de rester. Je rampe jusqu'à la limite de la forêt, là où le sable est sec. Je commence à creuser mon nid avec les pattes arrières, en projetant le sable sur les côtés pour qu'il ne retombe pas dans le trou. Il y a trop de racines ici, je ne peux pas creuser plus profond, je vais essayer plus loin… Cette fois-ci, c'est la bonne, comme mes œufs seront bien ici ! Je suis très concentrée sur ma ponte. Mais voilà que des humains s'approchent, ils sont autour de moi, ils parlent entre eux. Et ils m'attachent même des bagues aux pattes !Ils ne me dérangent pas trop en fait. Je continue à pondre. Les humains sont repartis. Tous mes œufs sont enfin dans le nid. Je le rebouche ensuite avec les pattes arrières, les mêmes dont je me suis servies pour creuser. Je suis épuisée !! Mais ce n'est pas encore fini, il ne faut pas que l'on découvre l'emplacement de mon nid : je tourne donc sur moi-même en projetant du sable alentour, et en aplanissant le terrain. Rien ne permettra plus de le repérer !

 

Il est temps de retourner dans l'eau. Je relève la tête. Je sais tout de suite dans quelle direction aller : avec la lune qui s'y reflète, la mer est tellement plus lumineuse que la forêt ! Je rampe sur le sable le plus vite que je peux… Les humains sont derrière moi, je les entends s'étonner de ma rapidité. Ils n'auront pas eu le temps de bien me voir, je suis déjà dans les vagues ! Dans 15 jours, je reviendrai pondre à nouveau… 

une des images de la B.D. de l'exposition

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

quelques images de la B.D. de l'exposition

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